Les transhumances d’aujourd’hui

Cartes des itinéraires de transhumance


Liée à l’invention de l’élevage, il y a quelque 11 000 ans, dans les reliefs du croissant fertile au Proche-Orient, la pratique de la transhumance s’est vite généralisée tout autour de la MARE NOSTRUM, témoignant d’une prodigieuse continuité autant que d’une extraordinaire capacité d’ouverture à d’autres espaces, d’autres régions, d’autres hommes et d’autres nations. Où qu’ils se trouvent, éleveurs et bergers transhumants continuent toujours leur activité par-delà les frontières. Dans tous les pays méditerranéens, la transhumance forge des paysages pastoraux entre plaines, collines, plateaux et hautes montagnes.

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Les mouvements des troupeaux

Les grands courants de transhumance à pied empruntaient deux faisceaux principaux pour relier les plaines provençales aux Alpes, l’un préalpin et l’autre alpin.

Le premier partait de la Crau occidentale (Fontvieille). Les troupeaux franchissaient le Rhône à Tarascon, puis en remontaient la vallée. Ils suivaient l’ancienne route romaine sur la rive droite jusqu’à Pont-Saint-Esprit, pour éviter la fiscalité pontificale du Comtat-Venaissin, puis passaient sur la rive gauche pour gagner le Vercors.

Les principales voies alpines étaient au nombre de trois. La première gagnait Sisteron par l’ouest de la Durance, dont la traversée s’effectuait par bac, à Cadenet, ou au “pertuis” de Mirabeau, qui était un des ponts de liaison les plus anciens entre la basse Provence et les Alpes. Elle se dirigeait ensuite vers la région de Serres, en suivant le Buech, et poussait droit vers le Dévoluy (Hautes-Alpes).

Les deux autres voies passaient par l’est de la Durance pour conduire vers l’Embrunais et l’Ubaye. Elles traversaient parallèlement les chaînons de basse Provence, le plateau de Valensole, la partie méridionale des préalpes de Digne, pour venir se rejoindre dans cette ville. Une carraire unique amenait alors jusqu’à Seyne.

Les troupeaux en partance de la Crau suivaient l’ancienne voie Aurélienne jusqu’à Eguilles. Une draille contournait Aix-en-Provence par le nord puis passait à travers bois, sur les flancs du Grand Sambuc, au nord de Saint-Marc et de Vauvenargues. Les troupeaux gagnaient ensuite Rians, Quinson, Riez, Puimoisson, Mezel, Digne, La Javie et Seyne.

Une bifurcation permettait alors à une des branches d’atteindre Savines dans l’Embrunais et remontait ensuite la Durance. L’autre voie franchissait la crête entre la Blanche de Seyne et l’Ubaye, puis, remontant la vallée à partir de Méolans, conduisait à la Haute Ubaye, ainsi qu’au Piémont par le col de Larche.

P. Arbos – La vie pastorale dans les Alpes françaises (Armand Colin, 1922)

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