De la Provence au Piémont

Drailles et Carraires


La grande transhumance ovine fait partie du patrimoine provençal. Historiquement, elle a tracé son propre réseau routier, les drailles ou carraires, voies de communication entre la Basse Provence et les montagnes alpines. Ces anciennes voies ont pour la plupart disparu. De petites portions sont toutefois encore empruntées par les quelques troupeaux qui, depuis le Var, les Alpes-Maritimes ou les Alpes-de-Haute-Provence gagnent
à pied les proches vallées du Verdon, de l’Ubaye, du Var, de la Vésubie ou de la Tinée.

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Les chemins de la transhumance

Drailles et carraires furent les premières voies de communication entre les plaines de basse Provence et les montagnes alpines. Afin de faciliter la progression du cheptel, ces chemins de transhumance atteignaient jusqu’à cent mètres de largeur et, ne tenant guère compte des dénivelés, étaient autant que possible tracés en ligne droite.

Les itinéraires prenaient de préférence la ligne des crêtes des régions de coteaux et de moyenne montagne, afin d’éviter les vallées et plaines cultivées, les agglomérations où les querelles avec les habitants étaient fréquentes.

Les drailles étaient bornées de pierres plantées par couples, de part et d’autre, tous les quatre ou cinq cent mètres, des tas de pierres délimitant le tracé afin que les troupeaux puissent également les emprunter de nuit.

Ces routes étaient des voies publiques donc inaliénables. Elles étaient entretenues à l’aide des redevances versées aux communes par les capitalistes, les propriétaires des troupeaux arlésiens.

Au fil des siècles, ces routes pastorales furent difficiles à maintenir contre les empiétements de plus en plus grands des riverains, qui en contestaient notamment la largeur, et l’envie croissante des communes de les récupérer.

Les chemins n’étaient en effet utilisés que deux mois par an, un mois à l’automne et un mois au printemps. Les riverains n’hésitaient pas, entre temps, à les empiéter. Cela donna lieu à de multiples affrontements, que des réglementations ponctuelles ne parvenaient pas à éviter. Les transhumants, lassés d’une lutte sans fin et sans résultat, abandonnèrent dans le courant du XIXe siècle ces routes traditionnelles pour emprunter celles de la vallée.

P. Fabre – Hommes de la Crau, des coussouls aux alpages (Cheminements Ed., 1997)

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